La Case Retour, rien ne se perd, tout retourne à la terre

Fonctionnement

Et si nos déchets n'en étaient pas ?

Chaque jour, nous diluons dans dix litres d'eau potable une matière que la terre attend. Voici pourquoi, et comment la remettre dans le cycle.

Le composteur en palettes, au jardin

Chapitre 1

Le point de départ

Des champs au supermarché, en passant par notre assiette, et notre… trou de balle (osons ce mot chatouilleux), nous vidons les sols par camion. Une logique naturelle ne voudrait-elle pas qu'on perpétue les cycles vertueux de la nature ? Rendons à la terre et passons par La Case Retour !

Les toilettes à chasse d'eau nous font enfreindre les règles naturelles. Nous risquons de passer par la case prison, celle que nous créons pour nous-mêmes : des sols qui se désertifient, le climat qui se dérégule, la pollution des rivières et des nappes phréatiques.

Les sols vivants commencent par la matière organique.

Chapitre 2

Renouer avec les cycles vertueux du vivant

L'humus, c'est ce qui stabilise le sol, fixe les éléments nutritifs, absorbe et stocke l'eau comme une éponge. Sans humus, les sols s'érodent et filent dans les rivières. Les toilettes à compost renouent avec les cycles du vivant.

Ce que la chasse d'eau interrompt

  • La fertilité des sols, prélevée sans retour
  • La matière, évacuée à l'eau potable
  • Le traitement en station, énergie et boues
  • La compensation par des engrais de synthèse

Le cycle vertueux

  • Déposer la matière avec du carbone (copeaux)
  • Composter à chaud, sans eau ni chimie
  • Obtenir un humus stable
  • Rendre la fertilité aux sols

La réalité en chiffres

Ce que coûte le détour

1 milliard

d'hectares

de désert créés

en un siècle d'agriculture extractive

10

litres

d'eau potable

évacués à chaque chasse d'eau

80

%

de l'humus des terres agricoles perdu

en 50 ans

6

mois

minimum

de compostage à plus de 55°C

0

produit

chimique

dans le processus La Case Retour

100

%

local

compostage et retour aux sols en Belgique

Nous prenons à la terre. Nous pouvons aussi lui rendre.

Chapitre 3

Le compostage, étape par étape

  1. Composition du tas

    On compose un carré de compost : matière humaine + copeaux de bois, pour équilibrer le rapport carbone/azote.

  2. Montée en température

    L'activité microbienne fait grimper le tas au-delà de 55°C.

  3. Hygiénisation

    Cette chaleur maintenue plusieurs semaines détruit les pathogènes. Médicaments, antibiotiques et métaux lourds de l'agro-industrie sont également décomposés ou rendus inoffensifs. Le compostage de surface pourrait d'ailleurs servir de procédé de dépollution des sols.

  4. Maturation

    Le tas refroidit, la pédofaune et les champignons prennent le relais, l'humus se forme.

Toilettes à compost ≠ toilettes à séparation

La différence mérite d'être expliquée, car elle nous démarque d'autres loueurs. Nous n'avons pas de toilettes à séparation : ce système est polluant et peu efficace pour la restauration des sols. Nous ne biométhanisons pas non plus : cela pollue, c'est une perte pour les sols, cela fertilise mais détruit la vie du sol.

Nous prônons le compostage, parce que nous pensons que nos sols ont un urgent besoin de refaire leur capital d'humus. Le carbone des copeaux fait tout le travail, sans électricité, sans produit, sans odeur.

Chapitre 4

Pourquoi des toilettes à compost ?

Parce que c'est un système simple, efficace et résilient.

Il peut se passer d'une infrastructure lourde pour ces 80% des gens qui ont un jardin. Ça s'installe partout, dans n'importe quelle pièce, sous le trône du roi : on est un roi quand on maîtrise ses excréments ! C'est la maîtrise de la transmutation du plomb en or. Ton caca vaut de l'or.

Parce que les sols perdent leur matière organique.

Rendre de l'humus, c'est rendre de la capacité de rétention d'eau, de vie et de carbone. C'est participer à la restauration biologique des sols.

Parce que ce sont des toilettes efficaces, belles et confortables.

Elles nous remettent en contact avec la nature. La beauté n'est rien si elle ne s'ancre pas dans la réalité la plus basique : « ce qui est en haut est comme ce qui est en bas ».

Sources

  • FAO : State of the World's Land and Water Resources for Food and Agriculture.
  • GIEC : rapport spécial « Changement climatique et terres émergées ».
  • OMS : Guidelines for the safe use of wastewater, excreta and greywater.
  • Réseau de l'Assainissement Écologique (RAE) : compostage des matières issues de toilettes sèches.

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